À propos de l’auteur

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La Forêt des Gardiens – une série de « science fantasy » en 6 épisodes – est une très belle histoire teintée de fantastique, sur fond de forêt sauvage, à une époque imprécise (le futur de l’humanité, un monde parallèle, l’ancien monde ?), dans laquelle les quatre personnages, 2 enfants et 2 adolescents, vont d’épreuve en épreuve pour tenter de trouver le remède à une mystérieuse maladie qui décime les camps. Une nette dimension écologique pour cette série qui enchantera et dépaysera un public très large.

Vous avez créé avec cette histoire de « science fantasy » un univers peuplé d’animaux et de plantes étranges, aux noms très poétiques. Comment ce monde particulier est-il né dans votre imagination ?

À l’origine de la planète PèreMère et de ses habitants, il y a une nouvelle d’anticipation. Elle met en scène une guerre froide entre grandes puissances mondiales au moment où la conquête spatiale devient possible grâce à une avancée en physique quantique. PèreMère est la première planète habitable découverte.

Je l’ai imaginée à l’opposé de la Terre actuelle : écologiquement viable pour tous, sans technologie, mais « dominée », elle aussi, par une espèce prédatrice, sociale et scientifique : les félis. Ils communiquent par télépathie, se nourrissent essentiellement d’énergie mentale — les mentalondes —, mais peuvent également capter et émettre toutes les sortes d’ondes (radios, électromagnétiques, etc.). Dans la nouvelle, ils laissent atterrir une sonde emplie de rats de laboratoire, et le premier vaisseau colonisateur. Ensuite, horrifiés par le manque de respect de l’environnement des Terriens et de leurs robots, ils détruisent les machines et interdisent l’accès à la planète en brouillant toutes les émissions des satellites, sondes et vaisseaux humains.

Voilà comment est née PèreMère.

Comme j’avais vécu des moments très sympas sur cette planète au moment de l’écriture de la nouvelle, je me suis demandé quelques mois plus tard ce qu’étaient devenus les descendants des colons terriens.

Je me suis dit qu’avec leur esprit ouvert à tous les prédateurs mentaux, ils ont dû avoir beaucoup de mal à survivre, sauf en trouvant un moyen de devenir télépathes à leur tour. C’est bien ce qui s’est passé. Mais cela leur a pris pas mal de générations et ils ont oublié leurs racines terriennes. Il ne reste plus que des mythes et ils ne savent plus que le nom des villages de Campal et Juverne dérive de « Camp Alpha » et de « Jules Verne » — nom du vaisseau originel. Quant au vocabulaire qu’ils utilisent, il a été établi par leurs ancêtres selon les ressemblances entre faune et flore terriennes et pèremèriennes. C’est ainsi qu’il y a le préfixe « gor », en référence au mythe grec de la Gorgone, dans le nom de certains animaux télépathes — gorbeaux, gornouilles —, que la « myrboise » désigne une baie au goût de framboise qui pousse comme les myrtilles, que le « plastosier » est une sorte d’osier imputrescible et étanche comme du plastique, etc.

Vos héros, jeunes et inexpérimentés, sont néanmoins guidés par des notions de respect des autres, respect de la nature, et par l’envie de comprendre comment fonctionnent les relations entre les êtres, au sens large. Cette dimension d’écologie et de respect c’est important pour vous, c’est un moteur dans votre écriture ?

Eh bien, là aussi pas mal de choses proviennent de « l’univers » de la nouvelle. Pour la Forêt, j’ai creusé l’écologie et la philosophie d’équilibre de PèreMère. Je suis aussi restée dans la même veine de plausibilité-réalisme pour réfléchir à ce que signifierait être télépathe pour des humains. Je pense que, pour le coup, on frôlerait l’autogénocide encore plus qu’avec les guerres, mais j’espère bien que, comme dans la Forêt, on finirait par apprendre à se contrôler et à ne pas imposer sa volonté à l’autre.

Pour répondre plus généralement à votre question, je suis fascinée par les relations humaines tant à un niveau psychologique que social et, oui, leur exploration est certainement un moteur principal de mon écriture.

En écrivant « La forêt des Gardiens », j’ai vraiment pris un grand plaisir à regarder comment mes jeunes Campaliens franchissent les obstacles ou rebondissent sur leurs échecs. Pour survivre, il leur faut absolument s’entraider, se comprendre, admettre leurs faiblesses. Un caprice, une colère, une bouderie, un moment de désespoir, un manque d’attention envers l’autre et tout peut basculer. Leur force est de le savoir et de posséder assez de maîtrise de soi pour ne se laisser aller à tout cela que quand ce n’est pas dangereux. Bon, il y a quelques ratés, mais ça ne m’empêche pas d’être très fière d’eux !

Les aventures vécues par vos héros sont multiples et variées, elles les aident à grandir, à se surpasser. On a évidemment une grande envie de vous demander si vous envisagez une suite à cette série ? Et sinon, quels sont vos projets littéraires à venir ?

Oui, il y a une suite possible. Il se trouve que la maladie qui décime « La forêt des Gardiens » a été apportée par un vaisseau terrien. Tombé en panne proche de PèreMère, les félis l’ont guidé et autorisé à se poser à un océan de distance de Campal. Il s’agit de colons en recherche d’une vie saine et agricole et ils acceptent volontiers leur naufrage sur cette planète pleine de promesses. Cependant, il n’est pas facile de se plier aux règles communautaires strictes qu’exigent l’installation et la construction d’une colonie viable. Surtout quand on est ado et qu’il y a tout un ciel inconnu à explorer avec le planeur solaire qu’on a enfin réussi à réparer. Hélas, à vouloir n’en faire qu’à sa tête sur PèreMère, on se retrouve vite à traverser un océan sur les ailes d’une tempête…

Sinon, je finalise un recueil de nouvelles sur les adolescences difficiles et je viens de terminer « Le loupiot », un roman d’urban-fantasy « de terroir » qui s’inscrit dans une saga familiale : La Maison des Vosges. On adore y hurler à la lune, on a l’esprit de famille, on est très protecteurs envers les enfants, et on n’hésite pas à sauter à la gorge de ceux qui n’ont pas compris que tout ce qu’on veut c’est vivre tranquille. Je pense m’attaquer à un autre tome de cette série dans les jours qui viennent : j’aimerais que Kamilka Volk, jeune « louve » tchèque de Bohême occidentale, et Louis Leuviot, « loup » vosgien et soldat de Napoléon, me racontent comment ils en sont venus à fonder la Maison des Vosges.

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